Du blé

Place plus ou moins heureuse
Dont on hérite en naissant
Puis le sillon qu’on se creuse
Pas à pas au fil des ans

C’eût été tout aussi drôle
Et sans doute plus malin
Mais je n’ai tenu de rôle
Ni au four ni au moulin

Ni au champ ni à l’étable
Le cheptel et la moisson
Je les sais depuis la table
Où j’usine mes chansons


Je ne vends pas le pain mais la levure *
Pas de porte
Pas de boutique à tenir
Et quant à ce que les jours passés furent
Peu importe
Seul nous compte l’avenir


Tout ce blé qu’on dilapide
Quand tant de gens sont fauchés
Silos gorgés, poches vides
Des glaneurs sur le marché

Faut de tout pour faire un monde
Des nantis et des perdants
Des fortunes, des dents longues
Des famines, des sans-dents

À moins – est-ce une bêtise
Que de vouloir y songer ?
Comme il en est qui le disent
On se mette à partager (bis)


Je ne vends pas le pain mais la levure *
Pas de porte
Pas de boutique à tenir
Et quant à ce que les jours passés furent
Peu importe
Seul nous compte l’avenir

Avec tous ceux qui ont hâte
Plutôt qu’un simple témoin
Mettre la main à la pâte
Y a besoin
On est combien, je suis sûr
À se dire
Qu’on devrait apprendre à pétrir

Paroles et musique : Pascal AUSSI
(* La phrase est de Miguel de Unamuno)