Le vicaire aux champs

La seule idée de ma voiture
La vie qu’elle mène en ville est
Tellement dure
Est de filer

Quand vient dimanche à la campagne
Histoire de s’oxygéner
Je l’accompagne
Pour la journée

Un écologiste avant l’heure
On pourrait en parler ainsi
Qui vibre, pleure
Et s’extasie

De la beauté de toute chose
Couvant d’un même regard doux
La vie, les roses
Et tout, et tout

De lui nul n’avait à se plaindre
Pas même les enfants de chœur
Seuls les cylindres
À la rigueur

Et sans doute un peu l’embray-aïe
De sa 2-chevaux d’antiquaire
Car où qu’il aille
« Tiens ! Le vicaire »

À peine quittés son discours
Et ses habits sacerdotaux
Voilà qu’il court
À son auto

Et roule au sortir de grand-messe
– Le pain, le vin, le saucisson –
Vers les promesses
De la saison

Mais déjà le premier village
Où d’admirer il prend le temps
Le beau feuillage
Bordant l’étang

Vu qu’au train où ça se promène
Il peut même compter les joncs
Chaque semaine
Y a un bouchon

« Plutôt qu’à rêvasser, tranquilles
Regardant les poissons nager…
Que nous faut-il
Les arracher

Tout ignominieux que nous sommes
À leur paradis de fraîcheur
Dieu, que les hommes
Sont donc pêcheurs

Pour razzier autant la nature
Sans voir dans la rosée qui luit
La signature
De Celui

Dont le génie de l’aquarelle
Et la science de ciseleur
A su si belles
Faire les fleurs »

Mais pour peu, finies les suaves
Merveilles de la création
Qu’il s’aperçoive
Dans un buisson

Que ce qu’il a dans l’équipage
Oublié ce n’est pas le sel…
Il prend des pages
De son missel

Paroles : Pascal AUSSI