Vu des coulisses : le métier

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Que ce soit en littérature ou dans une chanson, j’ai toujours aimé quand l’auteur se rappelle à nous, tel un marionnettiste qui se laisserait apercevoir. Alors, assez inconsciemment, même si stricto sensu je n’ai écrit qu’une chanson – La caisse et la postérité – sur ce métier de rimailleur de refrain et tourneur de ritournelle, j’ai souvent laissé pointer à des endroits où ce n’était pas directement le sujet soit des personnages qui ont souci d’écrire ou de chanter, soit des situations où une guitare par exemple traine naturellement dans le décor.

Oh, la guitare ! Que mieux dire d’elle qu’elle m’accompagne. Pour la composition bien sûr, et les guitaristes souvent reconnaissent les chansons écrites à la guitare. Mais aussi dans les paroles, et grâce à la technologie qui permet d’un clic de connaître l’emplacement et la fréquence de chacun des mots qu’on emploie, je sais qu’elle est l’objet que j’ai le plus cité – six fois – dans mes chansons.

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Voyez La patience, où après un premier couplet sur le tourment du passé et un second sur la peur du présent, c’est sans doute une promesse d’à venir que pointe le doigt du guitariste.
On a l’adolescent de retour de plage à Kerlou, le jeune papa avec « dans sa guitare » une chanson pour plus tard, le chagriné de J’ai peine perdue ressaisissant plume et guitare, plume et guitare encore pour l’exilé revenu de tout après deux mille kilomètres à tout casser, enfin l’enfant au dernier vers de la Longue échappée.

Et douze fois le mot chanson : pain quotidien dans La caisse et la postérité, telle un Graal dans La patience, ou en attente pour plus tard, elle est discrète envie chez la future maman dans Transat, coup de menton dans J’ai peine perdue, mise en abime dans L’oeil de la nuit, prise en exemple dans Wassingue, on l’entend au loin dans Est-ce partir?, fait image dans Son cours, se chantonne à Kerlou, manque cruellement dans Le coeur comme un volet qui bat, et fait le compte au final de Zone inondable.

pour-un-soir« Et c’est un si beau chant », qui délivre et qu’on libère, « oiseau quittant sa cage » (Pour un soir)
Enfin loin des mots, je voudrais pour finir attirer votre attention sur le personnage quasi invisible, au moins sans visage, de Berceuse, peut-être, qui trouvera sa lumière grâce à un chant profond, comme une boite à musique qu’il aurait en lui …